comment choisir nichoir oiseaux
Diamètre du trou par espèce, matériaux qui tiennent et règles de pose pour qu’il soit vraiment occupé.
Le critère décisif est le diamètre du trou d’envol : 26-28 mm pour la mésange bleue, 32 mm pour la mésange charbonnière, 34-35 mm pour le rouge-gorge, 45 mm pour l’étourneau. Le matériau doit être du bois brut épais (15-20 mm), sans peinture vive ni perchoir extérieur. La pose se fait en automne ou en hiver, à 2-5 m de hauteur, orientation est ou sud-est.
- Diamètre trou : critère qui décide quelle espèce peut entrer.
- Pas de perchoir : il aide les prédateurs (chats, écureuils).
- Bois brut épais : 15-20 mm pour l’isolation thermique.
- Pose : automne ou hiver, est ou sud-est, 2-5 m.
Le critère qui décide tout : le diamètre du trou d’envol
La première question à se poser n’est pas l’esthétique du nichoir, ni son matériau. C’est le diamètre du trou d’envol, parce que ce diamètre détermine quelle espèce peut s’y installer.
Un trou trop petit empêche les espèces ciblées d’entrer. Un trou trop grand laisse passer les espèces concurrentes (étourneau qui chasse les mésanges, voire prédateurs comme l’écureuil sur certains sites). Quelques diamètres de référence à connaître :
- 26 à 28 mm : mésange bleue, mésange noire, mésange nonnette.
- 32 mm : mésange charbonnière, sittelle torchepot, moineau friquet.
- 34 à 35 mm : rouge-gorge (modèle semi-ouvert), accenteur mouchet.
- 45 mm : étourneau sansonnet, plus rarement le rouge-queue.
Si l’objectif est d’attirer les mésanges (les plus fréquentes en jardin de pavillon), un trou de 28 mm est l’option la plus polyvalente — il accepte la mésange bleue et la mésange nonnette, exclut la mésange charbonnière et l’étourneau qui passeraient par 32 mm.
L’erreur la plus fréquente : choisir un trou « plus grand pour avoir plus de chances ». C’est le contraire qui se produit. Un trou large attire l’étourneau, qui occupe le nichoir aux dépens des mésanges, ou laisse passer un prédateur opportuniste.
Les principales espèces qu’on peut accueillir
Selon l’espèce visée, le format même du nichoir change : boîte fermée à trou rond pour les espèces cavernicoles, semi-ouvert pour le rouge-gorge.
Mésanges : nichoir boîte classique
Les mésanges (bleue, charbonnière, nonnette) sont les espèces les plus faciles à attirer. Elles utilisent un nichoir boîte fermée avec trou rond, idéalement 26-28 mm pour la bleue, 32 mm pour la charbonnière. Le nichoir doit être profond (15-20 cm de hauteur intérieure depuis le trou jusqu’au fond) pour que les poussins soient hors de portée des prédateurs aériens. Un nichoir bien placé a de bonnes chances d’être occupé dès la première saison s’il est posé en automne ou en hiver.
Rouges-gorges et accenteurs : nichoir semi-ouvert
Le rouge-gorge ne niche pas dans une cavité fermée mais dans un nichoir semi-ouvert (façade en grande partie ouverte, juste avec un rebord pour empêcher les œufs de tomber). Il aime les emplacements protégés, à mi-hauteur, dans une végétation un peu cachée. L’accenteur mouchet utilise des nichoirs similaires.
Espèces plus rares : nichoirs spécifiques
La sittelle torchepot apprécie un nichoir boîte avec trou de 32 mm, qu’elle réduit elle-même avec de la boue séchée. Le grimpereau cherche des cavités très étroites en forme de fente. Le rouge-queue noir niche dans des nichoirs semi-ouverts hauts. Pour ces espèces moins fréquentes, des modèles spécialisés existent en jardineries spécialisées et chez la LPO.
Choisir le bon matériau
Le matériau impacte directement la durée de vie du nichoir et le confort thermique des oisillons à l’intérieur.
Le bois brut est le matériau de référence. Sapin, pin, mélèze, chêne. Idéalement non traité ou traité avec des produits naturels (huile de lin) — les bois traités chimiquement (autoclave classe 4 par exemple) peuvent dégager des composés que les oiseaux n’apprécient pas.
L’épaisseur du bois compte. Compter au moins 15 à 20 mm d’épaisseur pour assurer une bonne isolation thermique : un nichoir trop fin se réchauffe trop vite en plein soleil et expose les œufs au choc thermique. Les nichoirs en contreplaqué fin (moins de 10 mm) sont à éviter pour cette raison.
À proscrire : le plastique (chauffe et étouffe), le métal (chauffe encore plus), les nichoirs en céramique vernissée (lourds et thermiquement sensibles), les modèles décoratifs en résine peinte.
Les peintures vives sont contre-productives. Un nichoir trop coloré (rouge vif, jaune fluo) est repéré de loin par les prédateurs aériens. Si l’on veut peindre, choisir une teinte naturelle (brun, gris, vert sombre) avec une peinture sans solvant, et seulement à l’extérieur — jamais à l’intérieur, où les vapeurs gênent les oiseaux.
Pièges à éviter sur les nichoirs vendus
Certains modèles esthétiques cumulent les défauts qui les rendent inefficaces ou dangereux pour les oiseaux. Les pièges les plus fréquents :
- Le perchoir externe sous le trou : aide les prédateurs (chat, écureuil, corvidé) à se positionner pour attraper les oisillons ou les parents. Les oiseaux n’en ont pas besoin pour entrer. La LPO recommande explicitement les nichoirs sans perchoir.
- Trou trop grand « pour avoir plus de chance » : donne accès aux étourneaux qui supplantent les mésanges, voire aux prédateurs opportunistes.
- Toiture non débordante ou non étanche : la pluie qui pénètre détrempe le nid, refroidit les œufs, peut tuer les poussins. La toiture doit déborder de plusieurs centimètres en avant du trou.
- Fond non drainé : si l’eau finit par entrer, elle doit pouvoir sortir. Un fond avec quelques petits trous de drainage évite l’accumulation.
- Modèles décoratifs en céramique peinte : très joli sur la photo catalogue, inutilisable en pratique.
- Couleurs vives : repérage par les prédateurs, abandon par les oiseaux.
- Nichoirs miniatures « pour la déco » : trop petits pour accueillir une couvée correcte.
La règle générale : sobriété fonctionnelle plutôt que design séduisant. Les nichoirs LPO ou des marques spécialisées sont rarement les plus beaux, ils sont souvent les plus efficaces.
Où et comment poser le nichoir
La pose conditionne autant le succès que le choix du modèle.
- Hauteur : 2 à 5 m du sol pour les mésanges, hors de portée d’un chat qui sauterait depuis le sol. Pour les rouges-gorges, plus bas (1,50 à 3 m).
- Orientation : trou tourné vers l’est ou le sud-est, à l’abri du vent dominant venant de l’ouest et du soleil intense. Éviter le plein nord (trop froid) et le plein sud (surchauffe en été).
- Inclinaison : très légère vers l’avant (vers le bas, côté trou). L’eau de pluie qui entre par le trou ressort par drainage naturel.
- Fixation : sur tronc d’arbre avec un système non-invasif (sangle), ou sur un poteau dédié, à au moins 1,50 m du tronc le plus proche pour réduire l’accès des chats et écureuils.
- Distance entre nichoirs : 30 à 50 m entre deux nichoirs de même espèce (mésanges territoriales). Pour des espèces différentes (mésange + rouge-gorge), distance réduite à 5-10 m.
Éviter les emplacements trop exposés (plein vent, plein soleil), trop fréquentés (passage de chats, allées principales du jardin), ou directement au-dessus d’un point d’eau (les jeunes au premier envol tombent dedans).
Quand poser et entretenir le nichoir
Le calendrier annuel se résume à deux dates importantes.
La pose se fait idéalement à l’automne ou en hiver, entre octobre et février. Plus on s’y prend tôt, plus les oiseaux ont le temps de repérer le nichoir avant le pic de prospection territoriale, qui démarre en février-mars selon les espèces. Une pose en avril-mai donne moins de chances d’occupation la première saison — les couples ont déjà choisi leur site. Mieux vaut alors viser la saison suivante.
L’entretien annuel se fait en septembre-octobre, après la fin de toutes les couvées et avant l’hiver. Démonter le nichoir si possible, ouvrir le couvercle (bonne raison de choisir un modèle à toit ouvrant ou face amovible). Vider le contenu (vieux nid, plumes, fientes), brosser à sec, laisser sécher 24 h.
Ne pas utiliser de produit chimique. Pour désinfecter en cas de mortalité observée dans une couvée précédente, eau bouillante ou pulvérisation diluée de vinaigre blanc, jamais de javel ni de désinfectant industriel.
Vérifier l’état général à cette occasion : fixation, étanchéité du toit, drainage. Réparer ou remplacer ce qui doit l’être avant la saison suivante.
Faut-il acheter ou fabriquer ?
Deux options rationnelles, selon les compétences et le budget.
Acheter : viser la LPO (boutique en ligne, plans agréés) ou des marques de jardineries spécialisées. Avantage : les dimensions sont justes, les matériaux conformes, le résultat fonctionnel. Inconvénient : coût plus élevé qu’un modèle générique en grande surface.
Fabriquer : possible si l’on a quelques outils basiques (scie, perceuse, vis) et un plan correct. Les plans LPO sont disponibles gratuitement sur leur site. Coût marginal (planches de récupération, quelques vis), satisfaction du fait main, et possibilité d’adapter aux dimensions d’espèce voulue.
Les nichoirs de grande surface vendus comme objets décoratifs cumulent souvent les défauts (trou inadapté, perchoir, peinture, matériau fin). Conçus pour la photo dans un jardin, pas pour l’occupation par des oiseaux. Un nichoir bien choisi, bien posé et bien entretenu peut être occupé chaque saison pendant 10-15 ans.
Quel diamètre de trou pour les mésanges ?
26 à 28 mm pour la mésange bleue, la mésange noire et la mésange nonnette. 32 mm pour la mésange charbonnière. Si l’on hésite entre les deux et qu’on veut éviter l’étourneau, le 28 mm est polyvalent : il accepte les mésanges bleues mais bloque la charbonnière et les espèces plus grandes.
Faut-il un perchoir sous le trou ?
Non, c’est même un piège. Le perchoir externe aide les prédateurs (chats, écureuils, corvidés) à se positionner pour attraper les parents et les oisillons. Les oiseaux n’en ont aucun besoin pour entrer, ils s’agrippent directement au bord du trou.
Quand faut-il poser un nichoir ?
Idéalement en automne ou en hiver (octobre à février), pour que les oiseaux aient le temps de le repérer avant la prospection territoriale qui démarre en février-mars. Une pose en avril-mai donne moins de chances d’occupation la première saison.
Quelle orientation choisir ?
Est ou sud-est, à l’abri du vent dominant et avec le soleil doux du matin. Éviter le plein nord (trop froid) et le plein sud (surchauffe en été). En zone montagneuse ou très ventée, adapter à l’orientation locale dominante.
Faut-il nettoyer le nichoir chaque année ?
Oui, en septembre-octobre après la fin des couvées. Vider le vieux nid, brosser à sec, laisser sécher 24 h. Pas de produit chimique : eau bouillante ou vinaigre dilué pour désinfecter en cas de problème observé. Profiter du nettoyage pour vérifier la fixation, l’étanchéité et le drainage.
Un bon nichoir, c’est un trou de la bonne taille à la bonne hauteur — le reste passe au second plan.