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Construction de la pyramide du Louvre

histoire et légendes

Qui l’a conçue, quand, comment elle tient, pourquoi elle a fait scandale — et ce que vaut la légende des 666 vitres.

La pyramide de verre du Louvre, au centre de la cour Napoléon, devant les façades du palais à Paris.
Réponse rapide

La pyramide du Louvre a été conçue par l’architecte I. M. Pei, commandée par François Mitterrand dans le cadre du Grand Louvre et inaugurée en 1989. Structure de verre et d’acier, elle sert d’entrée centrale au musée. Longtemps contestée, elle est devenue une image de Paris.

  • Architecte : Ieoh Ming Pei (I. M. Pei), désigné directement par Mitterrand.
  • Projet : le Grand Louvre, pour réorganiser l’accueil et réunifier le palais.
  • Technique : une résille fine d’acier et un verre très clair pour l’effet de transparence.
  • Légende des 666 vitres : un mythe ; les décomptes officiels tournent autour de 673.

La pyramide du Louvre en bref

La pyramide du Louvre est l’œuvre de l’architecte américain d’origine chinoise Ieoh Ming Pei, plus connu sous ses initiales I. M. Pei. Elle a été commandée au début des années 1980 par le président François Mitterrand, dans le cadre du projet du Grand Louvre, et inaugurée en 1989. Sa fonction est concrète avant d’être symbolique : elle sert d’entrée principale au musée, au centre de la cour Napoléon, et fait descendre la lumière du jour vers le grand hall d’accueil aménagé sous la cour.

Structure de verre et d’acier, elle mesure un peu plus de vingt mètres de haut pour une base d’environ trente-cinq mètres de côté. Ces ordres de grandeur sont largement documentés ; c’est plutôt le geste que ces chiffres servent qui mérite qu’on s’y arrête.

Architecte

Ieoh Ming Pei

Architecte américain d’origine chinoise, désigné directement par le président sans concours.

Projet

Le Grand Louvre

Commande de François Mitterrand, pour réunifier le palais et repenser l’accueil du public.

Inauguration

1989

Une entrée centrale sous la cour Napoléon, signalée par un objet de verre visible de loin.

Le contexte

le projet du Grand Louvre

On oublie souvent que la pyramide n’est pas un objet isolé mais la partie visible d’un chantier bien plus vaste. Au début des années 1980, le Louvre est un musée à l’étroit, mal desservi, dont une aile — l’aile Richelieu — est encore occupée par le ministère des Finances. Le projet du Grand Louvre, lancé sous Mitterrand parmi ses grands travaux, vise à réunifier le palais autour du musée, à libérer l’aile occupée et à repenser entièrement l’accueil du public.

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Le problème posé à l’architecte est d’abord fonctionnel. Comment donner au musée une entrée unique, capable d’absorber des millions de visiteurs, sans percer les façades historiques ni encombrer la cour ? La réponse de Pei consiste à enterrer l’accueil sous la cour Napoléon et à signaler cette entrée par un objet de verre aussi discret que possible en emprise, mais lisible de loin.

Le choix de Pei et le parti pris architectural

Le choix de Pei, désigné directement par Mitterrand sans concours, a lui-même fait débat. Son parti pris architectural, lui, répond à une contrainte précise. Une forme pyramidale occupe peu de surface au sol pour une hauteur donnée, et ses faces inclinées renvoient le ciel plutôt que de masquer les bâtiments qui l’entourent. En verre très clair, l’objet devient presque immatériel selon la lumière : il marque le centre de la cour sans entrer en concurrence frontale avec les façades du palais.

Ce qui est annoncé diffère souvent de ce qui est livré ; ici, l’intention et le résultat coïncident assez bien. La pyramide n’est pas là pour imiter l’ancien ni pour le contredire bruyamment, mais pour installer un seuil contemporain assumé au milieu d’un ensemble classique. Trois pyramides plus petites et un bassin l’accompagnent, prolongeant la géométrie sans l’alourdir.

La prouesse technique

verre et acier

L’intérêt technique de l’ouvrage tient moins à sa forme qu’à sa légèreté apparente. Faire tenir une grande surface vitrée avec une ossature aussi fine que possible suppose une structure calculée au plus juste : une résille d’acier et de câbles tendus, où chaque pièce est calibrée pour porter sans épaissir la silhouette. L’ingénierie de structure a été menée par des bureaux spécialisés dans ce type de constructions légères, et c’est cette maîtrise qui rend la transparence crédible.

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Pourquoi un verre spécial

Un verre ordinaire tire vers le vert à cause de sa teneur en fer. Pour obtenir une transparence neutre, il a fallu un verre spécialement épuré, plus clair que le verre courant de l’époque. Sans cette clarté, la pyramide aurait pris une teinte verdâtre qui aurait trahi le parti pris d’effacement.

Une construction très contestée

La pyramide fait aujourd’hui figure d’évidence ; ce ne fut pas le cas au moment du projet. Entre 1984 et 1985, la polémique est vive. Une partie de la presse, des historiens et des défenseurs du patrimoine y voient une intrusion incongrue, un objet jugé anachronique, parfois qualifié avec ironie de « pharaonique » au cœur d’un palais de la Renaissance et du classicisme français.

Les reproches portent sur l’esthétique, sur l’échelle, et sur l’idée même d’imposer un geste moderne à un monument aussi chargé d’histoire. L’échelle change le sens du phénomène — il faut la préciser : ce n’est pas la taille brute qui heurte, c’est le contraste de matière et d’époque. Avec le temps, et surtout avec l’usage quotidien de millions de visiteurs, l’objet s’est banalisé au bon sens du terme : il est devenu un repère familier, puis une image de Paris à part entière.

La légende des 666 vitres

Un mythe accompagne la pyramide : elle serait composée de 666 vitres, le « nombre de la Bête », qui aurait été voulu en secret. L’histoire est séduisante et sans fondement. Elle est née d’un chiffre erroné diffusé à l’époque, puis largement popularisée par la fiction, notamment par un roman à succès des années 2000.

Les décomptes sérieux, donnés par le musée et l’agence de l’architecte, tournent autour de six cent soixante-treize segments de verre, en additionnant losanges et triangles. Les sources ne s’accordent pas toujours au segment près, ce qui est banal pour ce type d’ouvrage, mais aucune ne valide le fameux 666. C’est un bon cas d’école : une donnée fausse, une fois répétée et romancée, résiste mieux que la donnée exacte.

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Ce que la pyramide a changé pour le musée

Au-delà du symbole, la pyramide a résolu un problème d’organisation. En concentrant l’entrée sous la cour, elle a permis de distribuer les visiteurs vers les différentes ailes depuis un point central, d’ajouter des services d’accueil, et de faire respirer un musée jusque-là saturé à ses portes. C’est une infrastructure autant qu’une sculpture.

Reste une question ouverte, que le succès même de l’ouvrage a fait surgir : conçue pour un certain flux, l’entrée unique montre ses limites quand la fréquentation dépasse ce pour quoi elle avait été calibrée. Le geste architectural n’a pas vieilli ; c’est l’échelle de la fréquentation qui, elle, a changé.

Qui a construit la pyramide du Louvre ?

Elle a été conçue par l’architecte Ieoh Ming Pei (I. M. Pei), sur commande du président François Mitterrand, dans le cadre du projet du Grand Louvre. La structure de verre et d’acier a été réalisée avec des bureaux d’ingénierie spécialisés dans les constructions légères.

En quelle année la pyramide du Louvre a-t-elle été inaugurée ?

En 1989. Elle est l’aboutissement d’un projet lancé au début des années 1980 pour réorganiser l’accueil du musée et libérer l’aile alors occupée par le ministère des Finances.

La pyramide du Louvre compte-t-elle vraiment 666 vitres ?

Non. C’est une légende née d’un chiffre erroné et popularisée par la fiction. Les décomptes officiels tournent autour de 673 segments de verre, losanges et triangles confondus ; aucun ne confirme le nombre de 666.

Objet de scandale devenu évidence, la pyramide raconte moins une prouesse de chiffres qu’un pari : poser un seuil contemporain au milieu d’un palais, et le rendre presque invisible.