Intérieur gothique de la cathédrale Notre-Dame de Paris, hautes colonnes et lustres à bougies
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Le mobilier de Notre-Dame de Paris

Cinq pièces de bronze signées Guillaume Bardet, installées pour la réouverture de décembre 2024.

Réponse rapide

Le nouveau mobilier liturgique de Notre-Dame de Paris, dévoilé à la réouverture de décembre 2024, a été conçu par le designer Guillaume Bardet. Il réunit cinq pièces en bronze, chacune avec une fonction précise et une forme volontairement sobre, pensée pour dialoguer avec la cathédrale gothique sans l’imiter.

  • Un seul auteur : le designer Guillaume Bardet, lauréat du prix Bettencourt 2011.
  • Cinq pièces : autel, ambon, cathèdre, tabernacle et baptistère.
  • Un matériau unique : le bronze, environ six tonnes, coulé à Crest.
  • À ne pas confondre : ce mobilier neuf n’est pas le trésor historique de la cathédrale.

Quand Notre-Dame de Paris a rouvert ses portes en décembre 2024, cinq ans après l’incendie, les regards se sont portés sur la charpente restaurée, la flèche reconstruite et la pierre nettoyée. Un autre changement, plus discret, attendait pourtant les visiteurs dans le chœur de la cathédrale : un mobilier liturgique entièrement neuf, en bronze, dessiné par un seul homme. Ce ne sont pas de simples équipements, mais cinq pièces pensées comme des œuvres, chacune avec une fonction dans la liturgie et une forme volontairement épurée.

Un mobilier liturgique neuf pour la réouverture

Avant l’incendie du 15 avril 2019, Notre-Dame utilisait un mobilier installé après le concile Vatican II, dont un autel de la fin du XXe siècle. La restauration a été l’occasion d’un choix : plutôt que de restaurer l’ancien, le diocèse de Paris a commandé un ensemble neuf, cohérent, conçu pour le chœur rénové. La cathédrale a rouvert au culte le 8 décembre 2024, et c’est à cette date que le public a découvert ces pièces.

Une distinction s’impose d’emblée, car elle est souvent brouillée. D’un côté, le patrimoine historique — grand orgue, statues, trésor, œuvres d’art — sauvé, restauré et remis en place. De l’autre, ce mobilier liturgique contemporain, qui est une création nouvelle. Les deux cohabitent dans le même espace, mais n’ont ni la même histoire ni la même fonction.

Guillaume Bardet, le designer choisi

Pour concevoir cet ensemble, l’archevêque de Paris a fait appel au designer Guillaume Bardet. Ce n’est pas un nom du grand public, mais une signature reconnue dans le monde du design et des métiers d’art. Bardet a reçu en 2011 le prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main, décerné par la Fondation Bettencourt Schueller, qui récompense l’alliance entre création et savoir-faire artisanal.

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Son approche est réputée sobre, presque austère, attentive à la matière et aux formes essentielles. C’est ce parti pris qui a guidé le projet : plutôt que d’ajouter du décor à un lieu déjà chargé d’histoire, créer des objets simples et lisibles, qui trouvent leur place sans rivaliser avec l’architecture gothique. Chaque pièce a été réduite à sa fonction et à son symbole, sans ornement superflu.

Les cinq pièces, une par une

Le cœur du projet tient en cinq éléments essentiels à la liturgie catholique. L’autel est la pièce centrale, la table où est célébrée l’eucharistie ; sa forme joue sur l’horizontalité de la table du partage et évoque la Cène. L’ambon est le pupitre depuis lequel sont proclamées les lectures et l’Évangile : selon ses concepteurs, Bardet l’a imaginé comme un livre ouvert dont la silhouette dessine un T, en écho à la croix. La cathèdre est le siège de l’évêque, celui qui fait d’une église une cathédrale ; deux sièges l’accompagnent pour les célébrants.

Restent deux pièces plus intimes. Le tabernacle, qui conserve les hosties consacrées, a été conçu comme une petite maison en bronze gravé, fermée par une croix dorée ; d’après les sources, il s’ouvre à la manière d’un livre et révèle un bronze poli comme un miroir qui renvoie la lumière. Le baptistère, enfin, est une nouveauté : la cathédrale ne disposait pas de baptistère fixe auparavant, et cette pièce accueille désormais le sacrement du baptême.

PièceFonctionCe qu’elle évoque
AutelTable de l’eucharistieLa Cène, la table du partage
AmbonPupitre des lectures et de l’ÉvangileUn livre ouvert en forme de T, la croix
CathèdreSiège de l’évêque (+ deux sièges)Ce qui fait d’une église une cathédrale
TabernacleConserve les hosties consacréesUne petite maison de bronze, la lumière
BaptistèreAccueille le baptêmeUne pièce nouvelle, absente auparavant

Le bronze, un matériau et un savoir-faire

Les cinq pièces partagent le même matériau : le bronze. Ce choix n’est pas anodin. Métal ancien et durable, il patine avec le temps et capte la lumière selon son polissage. Il donne à l’ensemble une unité visuelle forte : où que l’on regarde dans le chœur, on retrouve la même matière, la même teinte sombre et chaude.

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La quantité mobilisée dit l’ampleur du projet : environ six tonnes de bronze pour l’ensemble du mobilier. La réalisation a été confiée à la fonderie Barthélémy Art, à Crest dans la Drôme, qui a coulé l’autel, la cathèdre et ses deux sièges, l’ambon, le tabernacle et le baptistère. Passer du dessin à des pièces de cette taille suppose un long travail d’atelier, entre moulage, coulée et finition. C’est là que l’intelligence de la main, celle qui a valu son prix à Bardet, prend son sens : l’objet fini naît de la rencontre entre une intention de forme et un métier de fondeur.

Un design contemporain dans un écrin gothique

Installer du mobilier résolument contemporain au milieu d’une architecture médiévale n’allait pas de soi, et le projet a suscité des discussions. Certains auraient préféré un mobilier néogothique, en accord stylistique avec la cathédrale. D’autres ont salué un geste assumé, qui inscrit le lieu dans son époque plutôt que de le figer dans une imitation du passé.

Le parti pris de Bardet répond à cette tension par la sobriété. Des formes épurées, une matière unique, aucune surcharge : le mobilier ne cherche ni à imiter la pierre gothique ni à la concurrencer. Il pose des volumes simples qui se laissent regarder sans détourner l’attention de l’ensemble. On peut aimer ou non ce choix, mais il a une cohérence : dans un lieu où chaque siècle a laissé sa trace, le XXIe siècle laisse la sienne avec discrétion.

Deux dates repères

15 avril 2019 : l’incendie ravage la cathédrale. 8 décembre 2024 : réouverture au culte, avec le mobilier de bronze installé dans le chœur.

Ne pas confondre avec les trésors historiques

La confusion est fréquente et mérite d’être levée. Le mobilier de Bardet ne remplace pas les œuvres historiques de Notre-Dame et n’a rien à voir avec elles. Le grand orgue, les statues, les tableaux, les objets du trésor, les vitraux : cet héritage a été sauvé, restauré et réinstallé au fil de la restauration. Il appartient à l’histoire longue de la cathédrale.

Le mobilier contemporain concerne uniquement les pièces nécessaires à la célébration, celles qui étaient à refaire pour le chœur rénové. Quand on parle du mobilier de Notre-Dame de Paris aujourd’hui, on désigne le plus souvent cet ensemble en bronze de 2024. Mais la cathédrale reste avant tout un conservatoire d’objets anciens, auxquels ces cinq nouvelles pièces s’ajoutent sans les effacer.

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Ce qu’il faut retenir

Le nouveau mobilier de Notre-Dame de Paris, dévoilé à la réouverture de décembre 2024, tient en cinq pièces de bronze signées Guillaume Bardet : autel, ambon, cathèdre, tabernacle et baptistère. Chacune a une fonction liturgique précise et une forme volontairement sobre, coulée dans environ six tonnes de bronze par une fonderie de la Drôme. Ce parti pris contemporain, discuté mais cohérent, complète le patrimoine historique de la cathédrale sans s’y substituer.

Qui a conçu le nouveau mobilier de Notre-Dame de Paris ?

Le designer Guillaume Bardet, lauréat en 2011 du prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main. Il a été choisi par l’archevêque de Paris pour son approche sobre et minimaliste, attentive à la matière et aux formes essentielles.

De quelles pièces se compose ce mobilier liturgique ?

De cinq éléments : l’autel, où est célébrée l’eucharistie ; l’ambon, pupitre des lectures ; la cathèdre, siège de l’évêque, accompagnée de deux sièges ; le tabernacle, qui conserve les hosties ; et le baptistère, une nouveauté puisque la cathédrale n’en avait pas de fixe.

En quel matériau est fait le mobilier ?

En bronze. Environ six tonnes de bronze ont été nécessaires pour l’ensemble, coulé par la fonderie Barthélémy Art à Crest, dans la Drôme. Ce matériau unique donne au mobilier une forte unité visuelle dans le chœur.

Ce mobilier remplace-t-il les œuvres historiques ?

Non. Le grand orgue, les statues, les tableaux et le trésor ont été sauvés et restaurés indépendamment. Le mobilier de Bardet concerne uniquement les pièces liturgiques du chœur ; il complète le patrimoine ancien sans s’y substituer.

Quand le mobilier a-t-il été dévoilé ?

À la réouverture de Notre-Dame au culte, le 8 décembre 2024, cinq ans après l’incendie de 2019. C’est à cette occasion que le public a pu découvrir les cinq pièces installées dans le chœur restauré.

Longtemps, on regardera d’abord la pierre et la lumière de Notre-Dame. Puis, en s’approchant du chœur, on remarquera ces volumes de bronze : la marque, sobre, de notre siècle dans un édifice qui les traverse tous.